Une course chaque jour depuis septembre 2025

Un pas à la fois

361sur 395

365 jours de course. Huit ans à s'ennuyer de lui.

Et je m'en vais jusqu'à 395.

Le mardi 1er septembre, Dominic termine sa série, et pour la dernière, il aimerait avoir du monde avec lui. Après, il continue de courir tout septembre, avec un minimum de 10 km par jour.

Courez avec moiÀ propos de la collecteBientôt disponible

Avant le jour 365

4jours restants

Mardi 1er septembre · 7 h et 19 h
Hôpital BMP, Cowansville

Dans ses mots

Je pensais juste y aller une fois.

Ma mission
Que personne ne se sente aussi seul que je me suis senti.
Mon rêve
Une fondation à la mémoire de mon fils.
Jours courus
361
Jours manqués
0
Un photomontage : Dominic en pleine course dans son coton ouaté, et à côté de lui, plus grand que nature, Rafaël à deux ans — torse nu, en train de rire, pris dans le même flou de mouvement, comme s'ils couraient ensemble.

Rafaël est décédé il y a huit ans. Il avait deux ans. Sa deuxième fête, c'était sept jours avant son départ, parti si vite.

Les gens pensent que le pire, c'est la première année. Mais la première année, on te porte : tout le monde t'appelle, tout le monde passe te voir. C'est les années d'après que personne ne voit, quand le monde est passé à autre chose et que toi, non.

J'ai commencé à courir avant tout ça, à un moment où j'étais au fond du baril. J'essayais d'arrêter la cigarette, le cannabis, l'alcool et les médicaments que je prenais pour mon dos. Décrocher de tout ça en même temps, à un point où j'avais l'impression d'avoir tout perdu. Ma santé mentale, ma santé physique, ma santé émotive, ma famille, et la femme de ma vie.

Tout ce que je voulais, c'était qu'il soit fier de moi. Je me suis trompé bien des fois. Mais pour le revoir un jour, il fallait que je trouve mon chemin vers le ciel, et ça, ça me laissait pas mal d'ouvrage à faire. Pour être digne de lui.

Il y a presque huit ans, j'ai dit qu'un jour, je marcherais pour lui.

Alors, en septembre passé, j'ai commencé à courir à sa mémoire. Je voulais quelque chose à moi, quelque chose de dur et pourtant simple, et je voulais arrêter d'attendre que ça fasse moins mal de m'ennuyer de lui. Courir pour lui, pour ma famille, pour ma santé. Et courir loin des pensées et des habitudes contre lesquelles je me battais.

Je suis sorti au début de septembre. J'y suis retourné le lendemain, puis même une fois le mois fini, et je n'ai jamais arrêté depuis. Chaque jour, peu importe quoi, peu importe comment je me sentais, peu importe le temps dehors. Deux fois par jour, trois fois par jour, des fois à onze heures le soir. Sous la pluie, dans la tempête de neige, les jours où je ne voulais pas être là du tout.

Au fond, c'est juste ça. Une course, puis me lever le lendemain et recommencer, encore et encore. Huit ans plus tard, c'est ce qui se rapproche le plus de le porter avec moi.

Dominic dans son coton ouaté gris, capuchon relevé, les mains derrière la tête, le regard vers le haut. Sur la poitrine, en petits caractères : you are enough. Son propre tirage en noir et blanc.Dominic

Pour qui on court

Rafaël assis dans l'herbe sous un arbre, torse nu et riant, une main sur son ourson — le tirage noir et blanc que Dominic a fait.

Rafaël

2016 – 2018

Rafaël, c'était notre plus jeune, toujours plein de bleus à force de suivre son frère Maksim partout. Il aimait les motos. Dans ce temps-là, je sortais une petite motocross du garage et je la calais entre deux gros blocs de bois, pour que les deux puissent embarquer dessus et mettre les gaz sans que ça bascule. Il vivait déjà comme s'il était plus vieux. Il faisait tout plus vite. Il n'était pas plein de bleus pour rien. Un fils qui en montre encore à son père — prendre le temps de s'arrêter et de tout apprécier, comme sentir chaque fleur, une après l'autre. Ralentir des fois, pour tout remarquer, et y tenir.

Rafaël à quelques jours, endormi dans une couverture blanche en peluche, un petit poing levé à côté de sa tête.
Septembre 2016. Tout neuf.
Un selfie au soleil de Rafaël et de sa maman, son bras autour de lui, tous les deux face à la caméra.
Avec sa maman, été 2018.
Rafaël qui rit pendant que son grand frère Maksim le serre et le soulève de terre dans l'entrée de gravier.
Avec Maksim, le frère qu'il suivait partout.
Rafaël pieds nus dans le jardin, penché sur une roche pour coller son visage sur un dahlia.
Le temps de sentir les fleurs.
Rafaël penché sur son gâteau, les joues gonflées, en train de souffler la chandelle en forme de deux.
Sa deuxième fête.

Le journal

Chaque jour, marqué.

Un trait par jour. Plus haut, c'est plus loin. Les traits creux ne sont pas encore arrivés.

jour 1 → jour 394

361
jours courus
0
jours manqués
2 973
kilomètres
36
plus longue course, km

Des kilomètres vérifiables, mesurés à partir de janvier. Il courait déjà depuis septembre, mais au podomètre seulement — ces mois-là, on ne peut pas les certifier, alors ils ne sont pas dans le chiffre en haut.

Jour 365

La dernière, ensemble.

Presque tout ça, il l'a fait tout seul. La dernière est supposée être le contraire : tous ceux qui veulent être là, à leur rythme, pour la distance qu'ils veulent. Et tous ceux qui veulent courir pour quelqu'un qui est parti. Il s'arrête cinq minutes à chaque kilomètre — embarquer en chemin, ça compte aussi — et il va porter le coton ouaté des 365 jours : courez ou marchez avec lui, et vous signez votre nom dessus.

Mardi 1er septembre

Hôpital BMP, Cowansville

950, rue Principale — le parcours part de l'hôpital.

Ouvrir la carte ↗
  • 7 hCelle du matin, au lever du soleil. La plus tranquille des deux.
  • 19 hCelle du soir. La dernière course des 365.
Le dos du coton ouaté gris, porté. Imprimé dessus, en lettres manuscrites : Un pas à la fois, puis un grand 365, puis ce n'était pas la fin, Rafaël.

Le coton ouaté

Il le porte pour la dernière. Courez ou marchez un bout avec lui et vous signez votre nom dessus — c'est tout ce qu'il demande.

L'horaire, arrêt par arrêt

À l'allerAu retour
ArrêtArriveRepartArriveRepart
Hôpital BMP7 h 007 h 008 h 469 h 00
Main dans la main7 h 107 h 158 h 338 h 38
James & Principale7 h 167 h 218 h 288 h 33
Caisse Desjardins7 h 257 h 308 h 238 h 28
Heroes Memorial7 h 337 h 388 h 188 h 23
Boule de Neige7 h 457 h 508 h 138 h 18
Super C7 h 588 h 057 h 588 h 05

Même horaire pour la course du soir, douze heures plus tard — 7 h 10 le matin devient 19 h 10.

Coût
Gratuit. Rien à signer, rien à payer.
À apporter
De l'eau, et un nom pour qui courir, si vous en avez un.
Distance
Ce que vous avez dans les jambes. Rebrousser chemin plus tôt, c'est venir pareil.

Et ensuite, septembre

Le jour 365 n'est pas la fin.

Il a commencé au début de septembre, alors il court le mois au complet. Chaque jour du 1er au 30, 10 kilomètres minimum, par-dessus l'année déjà derrière lui. En plein milieu, le samedi 26, tout le monde est le bienvenu encore une fois.

30
jours en septembre
10
km par jour, minimum
395
jours en tout

Samedi 26 septembre

Une deuxième chance de venir courir avec lui, ou marcher, selon ce qui vous tente ce jour-là.

Cowansville

À venir — restez à l'affût. Une deuxième carte pour celle-là, avec les heures, s'en vient.

  • 1 kmÇa se marche. Amenez les enfants, amenez le chien. À la plage de Cowansville.
  • 5 kmÀ la course ou à la marche, selon la journée. Le tour du lac.
  • 10 kmLa distance qu'il s'impose tout le mois de septembre. Deux fois le tour du lac.

Courez avec moi

Venez pour un kilomètre ou pour toute la course.

Dites à Dominic à quelles sorties vous venez. Prenez-en autant que vous voulez. Comme ça, il sait combien de monde attendre, et personne ne se retrouve tout seul à la ligne de départ. Le jour 365, il va avoir un coton ouaté sur lequel vous pouvez signer votre nom si vous courez ou marchez avec lui, et il s'arrête cinq minutes à chaque kilomètre pour laisser le monde embarquer.

À quelles sorties venez-vous?

Prenez-en autant que vous voulez : les deux courses du 1er, la journée du 26, ou les trois.

Vous pensez faire quelle distance?

Rien ici n'est un engagement. Rebrousser chemin plus tôt, ça compte pareil.

Ça envoie un courriel à Dominic avec ce que vous avez écrit. Rien n'est enregistré sur ce site, et votre adresse sert juste à ce qu'il puisse vous répondre.

Faites passer le mot

La course l'a aidé à passer au travers. Parlez-en à quelqu'un.

La façon la plus rapide de remplir une ligne de départ, c'est une personne qui en parle à une autre.

WhatsAppFacebookCourriel

dominicdavidrioux.com

Un photomontage pour Rafaël : il rit dans les bras de son frère Maksim pendant que, derrière eux dans le ciel doré, il souffle la chandelle de ses deux ans. Écrit en travers : Toujours dans mon coeur, Rafael. Ton sourire, ta lumière, ma force à jamais.