Une course chaque jour, de septembre 2025 à septembre 2026

Un pas à la fois

395sur 395

365 jours de course. Huit ans à s'ennuyer de lui.

Et je me suis rendu jusqu'à 395.

J'ai couru chaque jour du 1er septembre 2025 au 30 septembre 2026 — 395 jours sans en manquer un. Le dernier jour, j'ai couru 2 km dans chacun des 22 territoires de la région, pour Main dans la main. Merci à tous ceux qui m'ont suivi.

1er septembre 2025 → 30 septembre 2026

Les 395 jours, tous faits.

Dans mes mots

Je pensais juste y aller une fois.

Ma mission
Que personne ne se sente aussi seul que je me suis senti.
Mon rêve
Une fondation à la mémoire de mon fils.
Jours courus
395
Jours manqués
0
Un photomontage : Dominic en pleine course dans son coton ouaté, et à côté de lui, plus grand que nature, Rafaël à deux ans — torse nu, en train de rire, pris dans le même flou de mouvement, comme s'ils couraient ensemble.

Rafaël est décédé il y a huit ans. Il avait deux ans. Sa deuxième fête, c'était sept jours avant son départ, parti si vite.

Les gens pensent que le pire, c'est la première année. Mais la première année, on te porte : tout le monde t'appelle, tout le monde passe te voir. C'est les années d'après que personne ne voit, quand le monde est passé à autre chose et que toi, non.

J'ai commencé à courir avant tout ça, à un moment où j'étais au fond du baril. J'essayais d'arrêter la cigarette, le cannabis, l'alcool et les médicaments que je prenais pour mon dos. Décrocher de tout ça en même temps, à un point où j'avais l'impression d'avoir tout perdu. Ma santé mentale, ma santé physique, ma santé émotive, ma famille, et la femme de ma vie.

Tout ce que je voulais, c'était qu'il soit fier de moi. Je me suis trompé bien des fois. Mais pour le revoir un jour, il fallait que je trouve mon chemin vers le ciel, et ça, ça me laissait pas mal d'ouvrage à faire. Pour être digne de lui.

Il y a presque huit ans, j'ai dit qu'un jour, je marcherais pour lui.

Alors, en septembre passé, j'ai commencé à courir à sa mémoire. Je voulais quelque chose à moi, quelque chose de dur et pourtant simple, et je voulais arrêter d'attendre que ça fasse moins mal de m'ennuyer de lui. Courir pour lui, pour ma famille, pour ma santé. Et courir loin des pensées et des habitudes contre lesquelles je me battais.

Je suis sorti au début de septembre. J'y suis retourné le lendemain, puis même une fois le mois fini, et je n'ai jamais arrêté depuis. Chaque jour, peu importe quoi, peu importe comment je me sentais, peu importe le temps dehors. Deux fois par jour, trois fois par jour, des fois à onze heures le soir. Sous la pluie, dans la tempête de neige, les jours où je ne voulais pas être là du tout.

Au fond, c'est juste ça. Une course, puis me lever le lendemain et recommencer, encore et encore. Huit ans plus tard, c'est ce qui se rapproche le plus de le porter avec moi.

Dominic dans son coton ouaté gris, capuchon relevé, les mains derrière la tête, le regard vers le haut. Sur la poitrine, en petits caractères : you are enough. Son propre tirage en noir et blanc.— Dominic

Pour qui on court

Rafaël assis dans l'herbe sous un arbre, torse nu et riant, une main sur son ourson — le tirage noir et blanc que Dominic a fait.

Rafaël

2016 – 2018

Rafaël, c'était notre plus jeune, toujours plein de bleus à force de suivre son frère Maksim partout. Il aimait les motos. Dans ce temps-là, je sortais une petite motocross du garage et je la calais entre deux gros blocs de bois, pour que les deux puissent embarquer dessus et mettre les gaz sans que ça bascule. Il vivait déjà comme s'il était plus vieux. Il faisait tout plus vite. Il n'était pas plein de bleus pour rien. Un fils qui en montre encore à son père — prendre le temps de s'arrêter et de tout apprécier, comme sentir chaque fleur, une après l'autre. Ralentir des fois, pour tout remarquer, et y tenir.

Rafaël à quelques jours, endormi dans une couverture blanche en peluche, un petit poing levé à côté de sa tête.
Septembre 2016. Tout neuf.
Rafaël qui rit pendant que son grand frère Maksim le serre et le soulève de terre dans l'entrée de gravier.
Avec Maksim, le frère qu'il suivait partout.
Rafaël pieds nus dans le jardin, penché sur une roche pour coller son visage sur un dahlia.
Le temps de sentir les fleurs.
Rafaël penché sur son gâteau, les joues gonflées, en train de souffler la chandelle en forme de deux.
Sa deuxième fête.

Le journal

Chaque jour, marqué.

Un trait par jour. Plus haut, c'est plus loin. Les traits creux ne sont pas encore arrivés.

jour 1 → jour 395

395
jours courus
0
jours manqués
3 211
kilomètres
36
plus longue course, km

Des kilomètres vérifiables, mesurés à partir de janvier. Je courais déjà depuis septembre, mais au podomètre seulement — ces mois-là, je ne peux pas les certifier, alors ils ne sont pas dans le chiffre en haut.

Jour 365

La dernière, ensemble.

Presque tout ça, je l'ai fait tout seul. La dernière devait être le contraire : tous ceux qui voulaient être là, à leur rythme, pour la distance qu'ils voulaient. Et tous ceux qui voulaient courir pour quelqu'un qui est parti. Je me suis arrêté cinq minutes à chaque kilomètre pour que le monde puisse embarquer en chemin, et j'ai porté le coton ouaté des 365 jours pour que ceux qui ont couru ou marché avec moi signent leur nom dessus.

Mardi 1er septembre

Hôpital BMP, Cowansville

950, rue Principale — le parcours part de l'hôpital.

Ouvrir la carte ↗
  • 7 hCelle du matin, au lever du soleil. La plus tranquille des deux.
  • 19 hCelle du soir. La dernière course des 365.
Le dos du coton ouaté gris, porté. Imprimé dessus, en lettres manuscrites : Un pas à la fois, puis un grand 365, puis ce n'était pas la fin, Rafaël.

Le coton ouaté

Je l'ai porté pour la dernière, pour que tous ceux qui ont couru ou marché un bout avec moi signent leur nom dessus.

L'horaire, arrêt par arrêt

À l'allerAu retour
ArrêtArriveRepartArriveRepart
Hôpital BMP7 h 007 h 008 h 469 h 00
Main dans la main7 h 107 h 158 h 338 h 38
James & Principale7 h 167 h 218 h 288 h 33
Caisse Desjardins7 h 257 h 308 h 238 h 28
Heroes Memorial7 h 337 h 388 h 188 h 23
Boule de Neige7 h 457 h 508 h 138 h 18
Super C7 h 588 h 057 h 588 h 05

Même horaire pour la course du soir, douze heures plus tard — 7 h 10 le matin est devenu 19 h 10.

Après le jour 365

Il est revenu couvert de noms.

Je l'ai porté pour la dernière, et le monde qui a couru ou marché un bout avec moi l'a signé — le dos autour du nom de Rafaël, le devant autour du 365. Voici ce qui est revenu à la maison.

Le dos du coton ouaté gris, couvert d'écritures au crayon feutre : des noms, des cœurs et des mots — Lâche pas, Bravo!, Inspiration, En forme!, CPSC Main dans la main — tout autour de l'imprimé Un pas à la fois, 365, ce n'était pas la fin, Rafaël.Dominic dans le coton ouaté signé, capuchon relevé, un demi-sourire, debout devant les arbres. Le devant est couvert de signatures autour du petit logo 365 sur la poitrine.

Et ensuite, septembre

Le jour 365 n'était pas la fin.

J'ai commencé au début de septembre, alors j'ai couru le mois au complet. Chaque jour du 1er au 30, 10 kilomètres minimum, par-dessus l'année déjà derrière moi. Le samedi 26, tout le monde était le bienvenu encore une fois.

30
jours en septembre
10
km par jour, minimum
395
jours en tout

Samedi 26 septembre

Une deuxième chance de venir courir avec moi, ou marcher, selon ce qui tentait le monde ce jour-là.

La plage, 225, chemin de la Plage

Ouvrir la carte ↗

Les départs, et l'heure du retour

  • 1 km9 h – 9 h 30Marche familiale, enfants et chiens bienvenus. À la plage de Cowansville.
  • 5 km9 h 45 – 11 hÀ la course ou à la marche, selon la journée. Un tour du lac.
  • 10 km9 h 45 – 12 hLa distance que je me suis imposée tout le mois de septembre. Deux tours du lac.

30 septembre — la dernière journée

22 territoires, 2 km chacun, 1 grande cause.

Pour la dernière des 395, j'ai fait le tour des villes et villages du coin : environ 2 km dans chacun des 22, des pompes à chaque arrêt, puis retour à Cowansville pour finir là où tout a commencé. Chaque kilomètre pour Main dans la main. Mission accomplie.

46,2
km courus
22
villes et villages
515
pompes
L'affiche de la dernière journée : Dominic de dos dans son coton ouaté gris, qui monte un sentier rocheux vers un lever de soleil au-dessus d'un lac. Écrit dessus : 22 territoires, 2 km chacun, 1 grande cause — Mission accomplie ! — la liste des 22 arrêts avec distance, allure et pompes, et les totaux, 46,2 km, 22 villes, 515 pompes. Signé Dominic David Rioux, avec le logo de Main dans la main et la marque 365.

Voir en grand ↗

Les 22 arrêts du 30 septembre, dans l'ordre : distance, allure et pompes à chacun.
#ArrêtkmAllure /kmPompes
1Pike River2,185:3712
2Saint-Armand2,145:4035
3Pigeon Hill2,045:4622
4Frelighsburg2,145:4525
5Abercorn2,025:3825
6Sutton2,035:2622
7West Bolton2,035:3925
8Lac Brome2,295:2922
9Knowlton2,165:2722
10Brome2,145:3322
11West Brome2,045:4924
12Bromont2,135:2325
13Dunham2,495:3325
14Stanbridge East2,075:4422
15St-Ignace de Stanbridge2,045:5322
16Bedford2,106:0223
17Notre-Dame-de-Stanbridge2,015:4622
18Ste-Sabine2,055:5824
19Farnham2,036:0425
20East Farnham2,115:5423
21Brigham2,135:4125
22Cowansville2,026:1825

À tous ceux qui sont venus

Vous étiez là. Merci.

Le 1er septembre et le 26, vous êtes venus courir et marcher avec moi — au lever du soleil, le soir, autour du lac. Presque toute l'année, j'ai couru tout seul. Les derniers kilomètres, je les ai faits avec vous. Merci, du fond du cœur.

Faites passer le mot

La course m'a aidé à passer au travers. Parlez-en à quelqu'un.

La façon la plus rapide de remplir une ligne de départ, c'est une personne qui en parle à une autre.

WhatsAppFacebookCourriel

dominicdavidrioux.com

Merci

Les jours, je les ai courus seul. Le reste, non.

Pour le jour 365 et tout ce qui l'entoure, du monde m'a donné un coup de main. Les voici.

Main dans la main — Centre de pédiatrie sociale en communauté. Trois mains posées sur un cœur.
Main dans la main

Organisme partenaire

Un photomontage pour Rafaël : il rit dans les bras de son frère Maksim pendant que, derrière eux dans le ciel doré, il souffle la chandelle de ses deux ans. Écrit en travers : Toujours dans mon coeur, Rafael. Ton sourire, ta lumière, ma force à jamais.